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Obtenir un stage en Afrique, un parcours du combattant

Le stage est un passage obligé pour tout étudiant. Il est impératif dans la majorité des cursus. Cependant le trouver est devenu presque difficile que de trouver un travail. Trouver un stage en Afrique, un vrai parcours du combattant.

Des étudiants faisant la queue, en quête du stage. Crédit photo: LeFaso.net

En Afrique, pour décrocher un stage, il faut se lever tôt le matin. Il ne suffit pas de valider avec brio son année académique ou être major de sa promotion pour espérer avoir une place de stagiaire dans une entreprise ou un chantier. Mais comme le dit un journaliste chroniqueur burkinabè, « il faut harceler l’oncle ou le cousin bien placé, le gentil ami du père ou le vilain amant de la charmante tante », comme le dit Mawndoé, célèbre artiste musicien tchadien, « on conjugue en fils de, en fille de, en famille de… »

Etant sur le « marché du stage » pour ne pas dire de l’ « emploi », le stagiaire doit faire preuve de talents cachés visibles à l’œil nu qui dénude. Car en Afrique, le stage est considéré comme un championnat de Ligue 1 français dans lequel tous les coups sont permis et à coup sûr donner c’est recevoir. Pour avoir un stage, le candidat doit nécessairement présenter les gages de générosité. Et une fois le stage obtenu, il faut savoir jouer la carte de l’humilité jusqu’à la fin.

LES GALERES DU STAGIAIRE EN AFRIQUE

Les galères du stagiaire en Afrique sont énormes. Récemment un journaliste des Editions Sidwaya au Burkina Faso a rédigé une chronique ou il les a tous étalés de longue en large. Pour lui, être stagiaire en Afrique : « c’est  savoir courir ouvrir la portière et prendre le sac, il faut savoir faire la petite vaisselle, faire le café, aller chercher à manger, aller chercher les enfants du maître de stage. Bref, il faut accepter tout faire même aller au-delà des termes du contrat de stage. Entre les avances secrètes de DG, les yeux doux craquants de DAF et les intentions de consommation du chef de chantier, il faut savoir dire oui sans tout à fait accepter et dire non sans totalement refuser. »

Il continue sa chronique en disant ceci : « même les « petits » agents et les ouvriers audacieux promettront à la féline stagiaire le ciel en ayant les pieds sur terre. Il faudra éviter d’avoir trop de proximité avec le maître de stage. Parce qu’on peut passer par l’amusement pour jouer sérieusement. Et il faut éviter de se familiariser avec les fauteuils douillets du chef au point de s’y aventurer aux heures de pause ; le diable aussi s’y repose aux heures de la tentation, on ne sait jamais ! »

Entre stagiaire garçon ou homme et la stagiaire fille ou femme, le genre n’est toujours pas respecté.

STAGIAIRE GARÇON OU HOMME

Le stagiaire garçon ou homme en Afrique est traité sans complaisance et parfois avec indifférence. Le garçon est laissé à son triste sort, il doit se débrouiller lui-même et personne ne l’aidera à rédiger son rapport de fin de stage. Mais ne vous inquiétez pas, c’est cela même « l’esprit » du genre : contenter le féminin et négliger le masculin.

STAGIAIRE FILLE OU FEMME

Par contre, la stagiaire fille ou femme en Afrique est traité avec douceur. On l’aidera à rédiger tout son rapport de stage et en contrepartie des résultats attendus « le sexe » excusé mon côté cru. Il faut reconnaitre que certaines stagiaires filles ou femmes qui savent ce qu’elles veulent et ce qu’elles cherchent ne se laissent pas piétiner alors s’en suit les conséquences. Par contre celles qui sont soumissent auront droit à des pourboires, même à des bons de carburants et mieux à des enveloppes de liasses, parce que la femme est une « espèce rare » à protéger.

A LA FIN DU STAGE

Après le stage, il y’en a qui repartent comme ils sont venus. Ils ont appris à tout faire sauf ceux pourquoi ils sont venus. Si on doit faire un récapitulatif, le stage n’a servi qu’à lire les journaux, profiter du wifi haut débit, à prendre des selfies et les balancer sur les réseaux sociaux, faire du porte à porte pour colporter les ragots même à se permettre des scènes de jalousie avec la convoitée secrétaire en lice.

Le stage est un passage obligatoire et important pour chaque étudiant à la fin de son cursus. Il faut mettre un accent particulier sur ce dernier, lui faire faire ce dont il est venu apprendre et non le traiter comme un(e) domestique.


Parenté à plaisanterie, un facteur de paix et de cohésion sociale en Afrique de l’ouest

La parenté à plaisanterie est une coutume ancestrale très présente en Afrique de l’ouest. Il s’agit d’une tradition orale dont le but est de désamorcer les tensions entre ethnies et clans familiaux, elle prend la forme d’affrontements verbaux mais reste toujours sans conséquence. Dans ce billet, je vais particulièrement évoquer le cas du Burkina Faso où la parenté à plaisanterie est très ancrée dans leur coutume.

Le Burkina Faso, un terrain de jeu pour la parenté à plaisanterie

Le Burkina Faso, pays sahélien de l’Afrique de l’ouest, compte une soixantaine d’ethnies et la parenté à plaisanterie une pratique légendaire est très ancrée dans leur coutume. Cette pratique se décline entre membre d’ethnie, entre patronyme mais aussi entre territoire tel que les régions, les provinces ou encore les villages. Elle permet au Burkina Faso d’apaiser efficacement des tensions sociales.

Faut-il mettre des limites à la parenté à plaisanterie? Crédit: AIB

Les types de parenté à plaisanterie

Parmi les parentés à plaisanteries, les plus pratiquées au quotidien sont celles qui lient les Bobo et les Peuls, les Bissa au Gourounsi ou encore les Samo et les Mossi, les Yadga aux Gourmantché. Ces dialogues moqueurs dont les relations font appel à des caractères spécifiques de ces ethnies souvent liée aux habitudes alimentaires, ou encore à leur mode de vie.

Carte de la répartition des groupes au Burkina Faso. Crédit: Nouvelle Afrique

Dans les maquis ou les Grains à Ouagadougou, les burkinabè prennent le plaisir à se lancer des piques. Un dimanche après-midi dans un maquis de Wayalguin, un des quartiers de Ouagadougou, la bière locale mousse dans les verres du restaurant sur fond d’odeur des brochettes grillées. Sous l’œil amusé du serveur, le ton monte entre deux clients. « Toi le Yadga mangeur de riz, tu es mon esclave! », invective le premier avant de s’entendre rétorquer un définitif:  » Et vous les Gourmantché avec votre sorcellerie, vous n’êtes que des escrocs ».

Au Burkina Faso, que ce soit entre amis, dans la rue, au travail et même jusque dans les couloirs de conférences officielles, on n’hésite pas à s’envoyer des piques, parfois très acérés, déclenchant des scènes souvent cocasses. On aime à raconter que, lors d’un sommet de haut rang, le président rwandais s’était étonné de voir le maître de cérémonie chambrer son homologue Blaise Compaoré. « C’est un Samo, il peut même m’enlever mes chaussures s’il le souhaite ! », lui aurait rétorqué l’ancien dirigeant burkinabé, en riant. Plus qu’un simple jeu, le rakiiré, art de la rhétorique et de la dérision, est considéré par les universitaires comme un outil de décrispation et de cohésion sociale.

Quels rôles joue la parenté à plaisanterie ?

La parenté à plaisanterie ne connaît pas de limite dans sa pratique, que représente-t-elle encore pour les burkinabè ? Comment cette pratique dite séculaire commémorée tous les ans par diverses communautés arrive-t-elle à favoriser le vivre ensemble ? Quelle est sa place dans le dialogue social actuel au pays des hommes intègres ?

Dans bons nombres des pays d’Afrique de l’ouest particulièrement au Burkina Faso la parenté à plaisanterie à toujours favoriser la gestion sociale des différentes sources de conflit et des tensions, facteur de réconciliation et cohésion sociale, elle est au service d’une paix qui se veut durable. Par exemple une parenté à plaisanterie peut se moquer d’une personne morte le jour de ses funérailles.

Selon l’histoire de la tête de chien entre les Bissa et les Samo, deux frères raffolaient de viande de chien ; ils aimaient l’un et l’autre manger plus particulièrement la tête de cet animal. Après des discussions âpres, et n’arrivant pas à s’accorder sur qui devait garder cette partie précieuse d’un chien qu’ils avaient abattu, ils en vinrent à se bagarrer, et « se séparèrent ainsi, pour une tête de chien ! » Et depuis, Bissa et Samo, issus de ces deux frères, se rejettent les uns sur les autres la responsabilité de l’éclatement de leur unité familiale initiale. Les autres groupes ethniques ne manquent pas d’ailleurs une occasion de le leur rappeler, pour les tourner en dérision.

La compréhension de cette histoire repose sur la connaissance de la représentation du rôle et de la place du chien dans les sociétés de tradition orale : il n’est pas l’animal choyé et chouchouté, comme c’est le cas sous d’autres cieux. Il garde la maison, il accompagne à la chasse et lorsqu’il devient vieux ou même enragé, on le tue et on le mange. De fait, la banalité de l’histoire et son contenu drôle montrent la futilité des motifs qui, bien souvent, opposent les hommes et les conduisent à des conflits. La forme des relations de plaisanteries dans le cas des Bissa et des Samo est moins violente, car il s’agit de « parenté » à l’origine entre les deux ethnies. Ils ont encore en mémoire le souvenir amer de leur séparation et de leur désunion pour si peu de chose ; bien plus, ils ressentent maintenant cruellement le besoin, mais hélas, peine perdue, de se rassembler à nouveau en une même « famille ». C’est pourquoi, très souvent, les éléments de chacun de ces groupes ethniques, lorsqu’ils se rencontrent, s’appellent du surnom affectueux de « cousins ».

La parenté à plaisanterie permet de pacifier, rendre agréable la journée, faire en sorte que ce qui parait difficile passe sans problème.

La parenté à plaisanterie et enjeux contemporains

Dans un contexte de mondialisation, il paraîtrait important d’envisager la prise en compte de la parenté à plaisanterie dans les programmes d’éducation pour enseigner à la génération future et perpétuer cette pratique ancestrale, facteur de paix et de cohésion sociale en Afrique.

De ce qui est attendu de la parenté à plaisanterie pour le bien être des humains on peut retenir trois aspects essentiels à savoir : un rôle de régulateur de tensions sociales, un facteur d’intégration des populations et un support d’entraide et de solidarité.

La parenté à plaisanterie intervient dans les mécanismes de prévention des conflits à travers : des jeux oraux qui sont dans leurs formes, humoristiques, ainsi que des plaisanteries pour rire, se divertir et se défouler.

Pour les individus des groupes alliés, chaque fois qu’ils se rencontrent, ils font semblant d’entrer en conflit.

Il s’agit aussi de contribuer à atténuer les pressions psychologiques et aurait une vertu thérapeutique au sens ou la plaisanterie devient un jeu qui permet de jouer au fou pour prévenir la vraie folie;

Dans la plaisanterie « L’on instaure de façon ostentatoire la guerre verbale et gestuelle pour ne pas arriver à la vraie guerre, destructive des biens et des personnes. »

Les plaisanteries qu’échangent les alliés contribuent à détendre l’atmosphère, à rétablir la confiance, toutes choses indispensables au dialogue. Pour plusieurs auteurs burkinabè, ces relations sont une stratégie réparatrice de vieux conflits entre communautés.

Le rôle de ces relations étant de panser ces plaies par le biais de la violence de type cathartique. Le mot ‘’esclave’’ est assez souvent utilisé pour désigner l’allié à plaisanterie dans les différentes langues. Une façon de ne plus revenir sur l’esclave réel ?

Chez les mossis du Burkina la plaisanterie embellie la vie. « Sans rakiire, l’existence serait sans attrait » dit-on. Ici on prend plaisir à taquiner et à se faire taquiner si bien que le phénomène se fait omniprésent dans les regroupements de personnes.

On oublie même souvent les prénoms des individus pour les interpeller par leur ethnie d’appartenance ou leur clan d’origine.


Tchad : les lacs d’Ounianga en plein désert, un phénomène naturel remarquable

Le Tchad carrefour de la culture, regorge des richesses minières et naturelles énormes. Placés sous le patrimoine mondial de l’UNESCO, les lacs d’Ounianga en plein désert sont incroyables. Le site comprend 18 lacs interconnectés, situés dans le désert du Sahara, dans la région d’Ennedi. Il s’agit d’un large complexe de lacs (62 808 hectares) dans un environnement hyperaride et d’un paysage naturel exceptionnel qui doit sa beauté à la variété spectaculaire des formes et des couleurs. Dans ce billet, je vais vous présenter l’une des merveilles de mon pays, les lacs d’Ounianga en plein désert.

Histoire

Une végétation envahissante et de l’eau en abondance, le Sahara des milliers d’années auparavant, pendant sa période humide, était bien différent. En ces temps, les fleuves ruisselant en quantité depuis les hautes terres se jetaient dans des creux géologiques, formant ainsi des plans lacustres de différentes tailles et d’énormes réservoirs d’eau sous le sol. Les rivières, les lacs et les savanes formaient un écosystème propice à la vie. Mais avec le changement climatique, le désert s’est installé progressivement. Presque toutes les masses d’eau se sont évaporées, sauf les lacs d’Ounianga

Ounianga regroupe les plus éminents lacs en termes de taille et de profondeur dans le Sahara, au nord du Tchad. Le site occupe une superficie totale de 20 km², depuis Ounianga Serir à l’est, dont le lac principal Teli représente l’équivalent de 600 terrains de football, au grand Ounianga Kebir à l’ouest où se trouve le lac Yoa. En plus d’être le plus profond, ce dernier détient le plus grand volume d’eau parmi tous les lacs du désert.

Ounianga Kebir, lac Yoan, l’un des dix huit lacs interconnectés d’Ounianga qui resiste malgré le changement climatique. Crédit : Emilien Lebourgeois/Flikr

Des lacs connectés…

Sous le sol, de gigantesques réservoirs d’eau souterraine sont reliés aux lacs d’Ounianga, les alimentant pour compenser l’eau perdue par évaporation sous le climat aride du Sahara. À la surface, des roseaux fleurissent abondamment, formant une forêt flottante sur l’eau. Les alizés du nord-est balaient incessamment le paysage, accompagnant le phénomène d’évaporation dans un effet de refroidissement de l’eau dans la zone. L’ensemble de ces facteurs contribue à préserver la fraîcheur des lacs d’Ounianga au sein desquels l’eau affiche une température moyenne de 17 °C.

Ounianga Sérir, lac Elimé, l’un des dix huit lacs interconnectés d’Ounianga au Tchad. Crédit : Emilien Lebourgeois/Flikr

Autour des bassins, des dunes de sable « errantes » poussées par les vents forment un paysage vivant dans le désert depuis des millénaires. Certaines se déversent et disparaissent dans les lacs, tandis que d’autres forment des langues de sable qui, d’année en année, s’incrustent un petit peu plus dans les bassins. À un moment donné, elles finissent par séparer complètement les lacs. C’était le cas du site d’Ounianga Serir qui figurait autrefois comme un lac d’eau douce unique et connecté. 16 bassins de dimensions différentes ont vu le jour après que le sable se soit insinué progressivement dans les eaux. Le lac katam lui aussi est aujourd’hui divisé en deux parties par une langue de sable. Une particularité, l’abondance de spiruline en son sein a fait que son eau soit bleue d’un côté et verte de l’autre.

Ounianga, un réservoir d’eau et de vie

Avec l’expansion du désert et le dessèchement de la savane dans le nord du pays, les lacs d’Ounianga, avec les ruisseaux éphémères et les gueltas du plateau de l’Ennedi , font partie des rares lieux maintenant la vie faunique et végétale dans le Sahara. Le lièvre du Cap, le renard fennec, le chacal, la gazelle dorcas et la hyène tachetée sont quelques-uns des mammifères identifiés dans la région. Des oiseaux aquatiques et nicheurs fréquentent également Ounianga, tel que le pélican blanc, la sarcelle marbrée, la sarcelle du cap ou encore le flamant rose d’une part, la casquette noire Sylva atricapilla, le corbeau pie, le hibou, la tourterelle et le chichaff d’autre part. Le lac Teli héberge une population de poissons qui a évolué dans un écosystème isolé. Vous y trouverez des carpes et des silures, la perche du Nil et la cichlide rouge entre autres.

Ounianga Sérir, lac Elimé et ses verdures, un réservoir d’eau, source de vie pour les populations. Crédit : Emilien Lebourgeois/Flickr

Des souchets à deux épis, des roseaux à balais et des massettes du cap forment d’étroits peuplements autour de la plupart des lacs d’Ounianga. De manière globale, des roseaux flottants tapissent leur surface. D’autres espèces végétales ont été identifiées dans l’ensemble lacustre, comme le phytoplancton, le nénuphar et la rupelle maritime. Sur les rives du lac salin Yoa, la spiruline reconnaissable à sa tente vert clair fait l’objet d’une véritable culture pour sa richesse en protéines. Les dattiers quant à eux ont cédé leur place aux palmiers doum.

Ounianga, un cadeau de Mère Nature

Les lacs d’Ounianga représentent une ressource vitale pour les populations locales. Des fouilles archéologiques attestent d’une présence humaine autour du site à une époque lointaine. Les Toubous sont les principaux habitants de cette partie du Tchad. Bien que leur principal refuge soit le massif du Tibesti, ceux-ci détenaient autrefois le contrôle des routes commerciales du centre-est du Sahara.

Une habitante du lac Yoan d’Ounianga Kebir. Crédit : Emilien Lebourgeois /Flikr

Jusqu’à ce jour, des communautés vivent à la lisière des lacs principaux, comme Ounianga Kebir près du lac Yoan et Ounianga Serir, plus petite, à proximité du lac Teli. En plus de la culture de fruits et légumes, les autochtones pratiquent une pêche de subsistance et l’élevage du bétail (chameaux, ovins et bovins). La collecte de soude et de sel dans le lac Yoa fait également partie des sources traditionnelles de revenus des habitants.

Quelques commerces à Ouanianga Kebir. Crédit : Emilien Lebourgeois / Flikr


Les femmes, symbole de beauté et de puissance en Afrique

« Malheur à celui qui ne fait pas mieux que son père », dixit le Capitaine Thomas Sankara. « Malheur à la celle qui ne fait pas mieux que sa mère », dixit Dorsouma Louis. Rire !!! Plusieurs femmes africaines influencent le monde et font pari coché la fierté de notre cher et beau continent qu’est l’Afrique. J’ai décidé de mettre un accent particulier sur six (6) personnalités féminines dans leurs domaines respectifs (Politique, Société civile, Economie, Droit, Culture et Media) qui selon moi, et en plus d’être belles, ont un impact important en Afrique et dans leur pays d’origine.

Crédit: Louis

Samia Suluhu Hassan, Présidente de la République Tanzanienne

Dans le domaine de la politique, mon regard est porté sur Samia Suluhu Hassan, la Présidente de la république tanzanienne.

Crédit: Lejournaldelafrique.com

Née le 27 janvier 1960 à Zanzibar, au sein d’une famille modeste, père instituteur et mère au foyer, Samia Suluhu Hassan est titulaire d’un master en « Développement économique communautaire » de l’université libre de Tanzanie, à Dar es Salam, et de l’université du Sud du New Hampshire, aux Etats-Unis. Elle débute sa carrière au sein du gouvernement de Zanzibar, où elle travaille entre 1977 et 1987, occupant dans un premier temps des fonctions administratives puis un poste de responsable du développement.

Elle a été plusieurs fois nommée ministre et a occupé aussi le poste de vice-présidente en Tanzanie.

La présidente tanzanienne est considérée comme la « dame de fer » de la politique africaine. «Mama Samia» son surnom, relevant du respect dans la culture tanzanienne a réalisé plus, en moins d’un an de mandat, que des chefs d’Etats en place depuis des décennies. Accueillie en grande pompe partout où elle se déplace, elle a désenclavé la Tanzanie sur la scène internationale. En Tanzanie, la Zanzibarienne a réussi en un temps record à ébranler le «système» hérité du défunt John Magufuli, son prédécesseur. Éloignée de la politique excentrique de ce dernier, elle avance très vite dans tous les domaines, qu’il s’agisse de santé, de diplomatie, d’éducation, d’infrastructure ou d’énergie.

La présidente Samia Suluhu Hassan au cours des 100 premiers jours de son mandat, a fait en sorte que la Tanzanie s’attaque au Covid-19 après des mois d’inaction. Elle s’est engagée à promouvoir également la liberté d’expression.

Dans l’un de ses gestes politiques les plus significatifs, la présidente Suluhu Hassan a nommé des fidèles du parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM), et quelques nouveaux visages comme commissaires de district. Parmi les nouvelles personnes nommées, figure d’anciens membres de l’opposition, des radiodiffuseurs et des artistes.

Lire aussi- Tanzanie: le bilan des 100 premiers jours de la présidente Samia Suluhu Hassan

Elle a fait un travail remarquable dans la lutte contre le Covid-19. Sa décision de former un comité chargé de s’attaquer au Covid-19 et sa demande de vaccins auprès de l’installation pour les pays en développement constituait un changement complet par rapport au régime précédent.

Sur le plan international, la présidente Suluhu Hassan a amélioré l’image de la Tanzanie. Elle a choisi un diplomate très respecté, l’ambassadeur Liberata Mulamula, ancien ambassadeur aux États-Unis. C’est le signe qu’elle a choisi un ministre des affaires étrangères qui comprend le monde et les autres partenaires internationaux. 

Ngozi Okonjo-Iweala, Directrice de l’Organisation mondiale du commerce

En économie, j’ai pensé à l’actuel Directrice de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) la nigériane Ngozi Okonjo-Iweala.

Crédit: Lejournaldelafrique.com

Ngozi Okonjo-Iweala, née le 13 juin 1954, est une femme politique nigériane possédant également la nationalité américaine. Elle est la directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Économiste et spécialiste du développement international, elle a plus de trente années d’expérience à son actif. Elle a présidé le conseil d’administration de Gavi-Alliance du Vaccin (2016-2020) et de la Mutuelle panafricaine de gestion des risques (ARC) (2014-2020) et a coprésidé la Commission mondiale sur l’économie et le climat. Elle avait précédemment été conseillère principale chez Lazard (2015-2019) et siégé aux conseils d’administration de la Standard Chartered PLC et de Twitter Inc. Elle a récemment été nommée envoyée spéciale de l’Union africaine pour la COVID-19 et envoyée spéciale de l’Organisation mondiale de la santé pour la lutte contre la pandémie.

Mme Okonjo-Iweala, qui a exercé à deux reprises les fonctions de ministre des Finances du Nigéria (de 2003 à 2006 et de 2011 à 2015), devenant ainsi la première femme à occuper ce poste, a travaillé pendant 25 ans à la Banque mondiale, où elle a accédé au poste de numéro deux en tant que directrice générale.

Elle a figuré en 2015 dans le classement des 50 plus grands leaders du monde de Fortune et a été nommée en 2020 « personnalité africaine de l’année » par le magazine Forbes, qui l’avait auparavant distinguée parmi les 100 femmes les plus puissantes du monde au cours de quatre années consécutives. Mme Okonjo-Iweala est titulaire d’une licence d’économie de l’université Harvard ainsi que d’un doctorat du Massachusetts Institute of Technology.

Aisha Yesufu, militante et avocate nigériane

Dans le domaine du droit, j’ai mis un accent particulier sur la nigériane Aisha Yesufu.

Crédit: Lejournaldelafrique.com

Aisha Yesufu nait de parents Edo et grandit à Kano. Elle éprouve la difficulté d’être une petite fille dans un environnement forment patriarcal. Selon ses paroles: « A l’âge de 11 ans, je n’avais pas d’amies par ce qu’elles étaient toutes mariées, mais je voulais être éduquée et quitter le ghetto. »

La militante nigériane est la première avocate des filles kidnappées par le groupe terroriste Boko Haram. Elle est la co-organisatrice du mouvement « Bring Back Our Girls », avec l’ex première dame américaine Michelle Obama. Aisha Yesufu est également la dirigeante plus connue du mouvement EndSARS au Nigeria.

La campagne Bring Back Our Girls est lancée une semaine après l’enlèvement, avec le message d’un avocat nigérian sur Twitter sous le mot dièse (hashtag) #BringBackOurGirls », qui signifie « rendez-nous nos filles ». L’objectif est de pousser le Nigeria à tout faire pour libérer les lycéennes.

Le message est partagé plus de quatre millions de fois en un mois. Il gagne l’Occident. Des personnalités très diverses vont le relayer, de Kim Kardashian à Michelle Obama, prise en photo à la Maison Blanche avec une feuille blanche sur laquelle est inscrit le message. Le Premier ministre britannique David Cameron le relaie aussi. 

Lire aussi: Expliquer nous Bring Back Our Girls

Aisha Yesuphu est une femme qui n’est pas inconnue au Nigéria. Depuis des années, elle manifeste contre la corruption, pour plus de justice, pour défendre les droits des jeunes filles. Lorsque plus de 200 adolescentes avaient été enlevées par le groupe terroriste Boko Haram en 2014, elle était la première à réclamer leur libération.

Sur ses comptes Twitter et Instagram, elle se présente comme une « activiste n’aimant pas les étiquettes ». Et il y a beaucoup à faire : Aisha Yesufu est souvent vilipendée au Nigeria, par des hommes principalement, comme un dessinateur de presse qui lui reproche de combattre les traditions alors qu’elle est voilée. Ou d’autres qui affirment sur les réseaux sociaux que le Coran interdit aux femmes de manifester, mais autant dire qu’elle se rit des commentaires.

Nathalie Yamb, panafricaniste suisso-camerounaise

J’ai pensé également aux activistes et celle qui va les représenter est la célébrissime camerounaise Nathalie Yamb.

Crédit : Lejournalafrique.com

Nathalie Yamb est une activiste et femme politique jouissant de la double nationalité suisso-camerounaise. Elle est née d’un père camerounais et d’une mère suisse le 22 juillet 1969. Elle a vécu en Suisse jusqu’en 1977, lorsque sa famille et elle quittent la Suisse pour s’installer au Cameroun.

Nathalie Yamb n’a pas la langue dans sa poche. Dirigeante de l’armateur Maersk au Cameroun, puis porte-parole du président ghanéen Jerry Rawlings, numéro 2 du parti Lider en Cote d’Ivoire, avant d’être exclue après avoir critiqué Alassane Ouattara, Nathalie Yamb est un vrai symbole du panafricanisme. Et son blog est l’un des plus suivi par l’opinion internationale.

Elle est une vraie machine de guerre. Radicale, éloquente, impertinente et outrancière. Elle n’est pas du genre à battre le pavé des manifestations, mais tweet comme elle respire, avec une ligne directrice : chasser d’Afrique la France, ses intérêts, ses soldats et ses « laquais » installés dans les présidences du continent.

Lire aussi: Nathalie Yamb, l’influenceuse qui veut chasser la France de l’Afrique

Selon un rapport de l’ONG Free Russia Foundation, Nathalie Yamb a notamment participé à l’une des conférences organisées par l’Afric à Berlin, en janvier 2020, co-organisée avec la Fondation pour la protection des valeurs nationales, une structure également liée à Prigogine et dirigée par le « journaliste » (proche des services de renseignement russes) Alexander Malkevitch. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, elle affiche clairement son soutien à l’armée russe.

Nathalie Yamb utilise très souvent ses réseaux sociaux (Facebook, Twitter) pour exprimer ses mécontentements. Elle totalise près de 400 000 abonnés sur Facebook et 212 564 abonnés sur twitter son réseau préféré.

Angélique Kidjo, artiste béninoise engagée dans la promotion de la culture

Dans le domaine de la culture, elles sont nombreuses a porté haut le flambeau mais quoi de mieux que de choisir la béninoise Angélique Kidjo pour les représenter.

Crédit : Vudaf

Angélique Kidjo est née le 14 juillet 1960, à Ouidah, près de Cotonou. Dès l’âge de six ans, elle s’initie à la musique, la danse et le théâtre. Elle effectuera de nombreuses tournées en Afrique de l’Ouest, en jouant dans la troupe de sa mère. Elle se fait sa culture musicale en écoutant des grandes stars du continent. Elle intègre à l’âge de onze ans, le groupe « Kidjo Brothers Band », fondé par ses frères et s’intéresse donc aux musiques de la diaspora noire : au jazz, au gospel, au rhythm’n’blues, à la soul et à la musique latine.

Angélique Kidjo a fondé en 2006 la Fondation Batonga qui soutient des adolescentes en Afrique francophone pour améliorer leurs moyens de subsistance, tout en leur permettant d’être des agents de changement dans leurs communautés.

Lors d’un entretien à VOA Afrique en 2016, elle avait dit regretter que la parité n’évolue pas plus vite, déplorant que les femmes ne soient pas suffisamment solidaires et que l’on ait « des systèmes en place qui font perdurer le patriarcat et qui permettent aux hommes de rester au pouvoir ».

Elle y mentionne aussi le fait que l’on soit « toujours en train de parler des droits des femmes ; pourquoi est-ce que les droits des femmes doivent être séparés des droits de l’Homme? Ne sommes-nous pas des êtres humains?« , s’est-elle interrogée.

Toujours entre deux avions, elle traverse la vie comme une tornade. Aussi bien sur scène, où la Béninoise continue de porter ses multiples projets avec un punch de tous les diables, que dans le civil, où elle s’engage sans retenue, de la campagne de Barack Obama à l’éducation des Africaines.

En tant qu’ambassadrice de l’Unicef, la diva africaine Angélique Kidjo se bat pour la lutte contre le paludisme qui tue des milliers d’africains en particulier des enfants en Afrique.

Elle a mis en place sa fondation Batonga pour venir en aide aux adolescents en Afrique francophone pour améliorer leurs moyens de subsistances.

Ces combats sont menés par plusieurs autres artistes féminines en Afrique notamment Oumou Sangaré au Mali, Aisha Koné en Côte d’Ivoire etc. mais Angélique Kidjo reste celle qui est très active sur le terrain.

Diara NDiaye, journaliste sénégalaise à RFI

Dans le domaine des médias, j’ai pensé à une sénégalaise qui aujourd’hui présente une très belle émission intitulée « Alors on dit quoi ? » au niveau de la Radio France Internationale (RFI). Il s’agit de la belle à la peau ébène Diara NDiaye.

Crédit: Page Facebook Diara Ndjaye

Diara Ndiaye, née le 5 mai 1989 à Melun en France, est une journaliste franco sénégalaise de radio et télévision. Auparavant journaliste sur Africa24, elle fait partie des équipes de France Télévision où elle présente les éditions du weekend de France3 Normandie depuis 2018. Diara Ndjiaye co-présente également l’émission économique « Réussite » sur Canal+ Afrique. Les auditeurs de Radio France international (RFI) ont également pu l’entendre présenter l’émission « Priorité Santé ». Dorénavant, elle est aux commandes de la nouvelle émission hebdomadaire qui donne la parole à la jeunesse africaine sur tous les sujets d’actualité : « Alors on dit quoi ? » depuis janvier 2019.

Plusieurs africaines font la fierté de l’Afrique sur des chaines continentales et mondiales. Je peux citer entre autre la camerounaise Sophy Aida animatrice sur la chaine Life Tv, l’ivoirienne Konnie Touré, Joëlle Ndong reporter d’origine Gabonaise, Vanessa Adandé présentatrice de l’émission « le chœur des femmes » sur Canal+, la congolaise Dominique Tchimbakala présentatrice du journal de l’Afrique sur TV5 monde, l’ivoirienne Caroline Dasylva de la RTI etc.

Diara Ndiaye a capté mon attention parce qu’elle a plusieurs cordes à son arc. Elle travaille dans plusieurs medias, grande passionnée de la communication et du journalisme, maîtresse de cérémonie mais elle mène également un combat très louable dans le domaine de l’éducation surtout celle des jeunes filles à travers l’association ABCD.

Lire aussi: Diara Ndiaye: « Je suis pleine d’espoir et je ne laisse personne briser mes rêves »

Créée en 2014, L’ABCD pour tous est une association à  but non lucratif qui a pour vocation d’assurer, soutenir et développer la scolarité des enfants au Sénégal, et ce, dans le respect de leur dignité. Une motivation justifiée par le fait que l’éducation, en particulier l’enseignement primaire gratuit pour tous, est un droit fondamental que les gouvernements se sont engagés à  respecter aux termes de la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989. Elle mène des campagnes de sensibilisation auprès des enfants eux-mêmes, des familles, des enseignants, des chefs religieux, sur l’importance de l’éducation et en particulier de celle des filles. En faisant adhérer à  ses valeurs tous les acteurs locaux, multiplier les chances d’atteindre les objectifs fixés : faire progresser les taux d’inscription et améliorer les conditions de travail des enfants qui les mèneront à la réussite.


Tchad : Kellou Bital Diguel symbôle de beauté de la femme tchadienne

Kellou Bital Diguel est connue pour avoir été choisie par le premier président du Tchad François Ngarta Tomalmbaye comme symbole de beauté de la femme tchadienne. Cette femme n’a pas forcé la célébrité, c’est venu naturellement. Comme le dit un artiste ivoirien, « On force pas ». Kellou n’a rien forcé. De sa rencontre avec le photographe Robert Carnet en passant par le choix du premier président du Tchad sur sa modeste personne comme symbole de beauté de la femme tchadienne, je vais vous retracer l’histoire de cette belle femme dont l’image figure sur le sceau de l’Etat, les tampons et les documents officiels de la République du Tchad.

NAISSANCE ET VIE

De son vrai nom Akhaye Dahalob, Kellou bital diguel est née vers 1911 à Toukra son village, dans le 9ème arrondissement de Ndjamena. C’est une arabe de la tribu Salamat du clan Am-effan (le même que les habitants d’Amchedire au Cameroun). Issue de la famille régnante de Toukra (fille du chef de village), un village à la sortie sud de Ndjamena, Kellou est la fille unique du chef de village Adoum Dahalob. Dans la tradition arabe choa, l’ethnie dont elle est issue, si une fille naît au milieu des garçons, elle est surnommée Kellou. Kellou Bital Diguel signifie  » Kellou fille de Diguel », en référence au village de son premier époux dont il était le chef (blama), aujourd’hui un grand quartier divisé à N’Djamena.

RENCONTRE AVEC LE PHOTOGRAPHE ROBERT CARNET

Vers 1950, alors qu’elle vendait du lait au village de Chagoua devenu quartier aujourd’hui à Ndjamena, Kellou fait la rencontre du photographe français Robert Carnet qui devient son client puis, au fil du temps, lui demande à elle et à sa cousine et camarade de lui livrer le lait à domicile. Émerveillé par la beauté de la jeune Kellou, et de ses tresses faites à base de poils de moutons et de l’abondance de la chevelure, Carnet commence à photographier chaque fois qu’elle se présente pour lui livrer le lait. L’une des photographies de ce shooting est publiée dans un timbre postal en France et cette même photo est choisie par les autorités de la République naissante du Tchad comme sceau et symbole officiel.

SYMBOLE OFFICIEL DE LA REPUBLIQUE DU TCHAD

Kellou Bital Diguel est connue pour avoir été choisie par François Tombalbaye, 1er président du Tchad après l’indépendance comme symbolisant la beauté de la femme Tchadienne et devenir à ce titre, le symbole du pays. Depuis 1960, son image figure sur le sceau de l’état et les tampons et documents officiels de la République du Tchad.

HOMMAGE

Considérée comme « icône sacrée de la femme Tchadienne », de nombreux hommages ont été rendus à Kellou, simple commerçante de lait, devenue star et emblème de la République:

En 1998, une série de timbres commémoratifs de 50, 100, 150, 300 et 400frs CFA a été émises par le Tchad en faisant figurer son visage désormais célèbre;

Une statue en bronze de 07 mètres la représentant tenant un globe terrestre dans la main gauche et un livre portant la devise nationale  » Unité-Travail-Progrès » dans la main droite, intitulée: « Madame Africa, réalisée par le sculpteur italien Ignazio Campagna (…) suite haut.


Media : doit-on interdire les perdsiems en Afrique ?

« Perdiem », ce mot est source de motivation pour certains journalistes. En Afrique francophone, il est communément appelé « Gombo, Tchop ou Communiqué final ». Rire !!! Le perdiem dans le milieu journalistique est considéré comme un mal mais son interdiction divise. Ayant la chance de participer à quelques évènements en tant qu’apprenti journaliste et touché quelques « Gombo », je me pose parfois certaines questions : un bon journaliste doit-il prendre des perdiems ? Est-ce une source de motivation pour certains journalistes ? Pourquoi en Afrique, certains médias vivent-ils des perdiems ?

Crédit photo: Clipse me

« PERDIEM » ? MAIS DE QUOI S’AGIT-IL REELLEMENT ?

Voici quelques éléments de contexte, pour ne plus en perdre votre latin. Petit rappel, le perdiem est une indemnité financière mise en place pour régler les frais de transport dans le cadre de leur activité. Mais comme vous vous en doutez, la réalité a un peu évolué, et on ne parle pas ici de remboursement des notes de trains ou d’avions.

En ce qui concerne les médias, c’est la petite gratification financière que l’organisateur d’un événement ou d’une conférence remet à la fin de la manifestation à tous les journalistes qui sont venus y assister.

PRENDRE OU PAS LE PERDIEM

Cette question a fait l’objet de plusieurs débats mais certains organisateurs continuent à en donner et même s’ils font parfois semblant d’ignorer certains journalistes en demandent. J’ai lu un billet sur le sujet et un journaliste très honnête a répondu exactement à cette question. Selon lui « le débat sur le perdiem est un faux-fuyant réducteur. Un bon journaliste ne doit pas prendre un perdiem, son salaire le protège des tentations susceptibles de l’inféoder à quelqu’un. Si le métier de journalisme est considéré comme profession noble, le journaliste doit être le premier gardien du temple pour empêcher l’assaut des apprentis sorciers ».

En me basant sur cette affirmation et selon mes recherches personnelles sur le salaire des journalistes en Afrique, j’ai compris que c’est parce que le journaliste est mal payé en Afrique qu’il s’intéresse aux perdiems pour joindre les deux bouts.

En effet, le magazine panafricain Jeune Afrique a consacré un article sur le salaire des journalistes en Afrique depuis 2004 mais cette situation n’a pas changé à mon humble avis. Dans cet article, le magazine révèle qu’en Côte d’Ivoire un journaliste gagne (413 euros net par mois), au Cameroun (169 euros) ou au Sénégal (284 euros).

SOURCE DE MOTIVATION OU PAS !

Je me souviens d’un voyage que j’ai effectué à , un département et une commune urbaine de la province de Nahouri, situé dans la région du Centre-sud au Burkina Faso pour couvrir un évènement national. Ce jour-là j’ai fait la connaissance d’un expérimenté journaliste dont je garde l’anonymat. Ce dernier me disait ceci : « Ce n’est pas sûr qu’ils vont nous donner quelque chose hein ! Pourtant j’ai laissé un très bon Gombo à Ouagadougou ». Ce journaliste a effectué le déplacement spécialement pour son « Gombo ».

Pour certains, le perdiem motive car ce jour, c’était un week-end et rare sont des journalistes qui aiment travailler le week-end mais rien que pour le perdiem, beaucoup se sont déplacés.

LES MEDIAS ET LE PERDIEM

Le perdiem est parfois source de fonctionnement pour certains médias. Ces médias, recrutent le plus souvent des stagiaires naïfs qu’ils exploitent et même arrachent parfois les miettes sommes qu’on leur donne dans les évènements. Dommage !

On ne fait pas ce métier pour gagner de l’argent, c’est bien connu ! À moins, bien sûr, de devenir une star incontournable du petit écran. Cependant, les journalistes doivent être bien payés surtout en Afrique pour mieux faire leur travail.


Dépression (Anxiété) : un sujet qu’on n’aborde presque jamais en Afrique

https://soundcloud.com/user-184326730-682335055/depression-anxiete-un-sujet-quon-naborde-presque-jamais-en-afrique-2/s-Sih4fujyQQM?si=181e4440b1774f839636b4b8712b7b70&utm_source=clipboard&utm_medium=text&utm_campaign=social_sharing
Crédit: Dorsouma Louis

En Afrique, la dépression passe inaperçue et est considérée comme une maladie « occidentale ». Les personnes dépressives sont très rarement écoutées et font très souvent face aux préjugés qui les poussent à se renfermer sur elles-mêmes et parfois, à se suicider.

Crédit : Iwaria

Qu’est-ce que la dépression ?

La dépression est un trouble mental caractérisé par un état dépressif persistant ou une perte d’intérêt pour tout type d’activité, ce qui produit des effets très néfastes dans la vie quotidienne. Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), elle touche des millions d’Africains. En Algérie ils seraient près de deux millions à en être victime. Au Nigeria, plus de sept millions de personnes souffriraient même de dépression ! Au total, selon l’OMS, en Afrique près de trente millions de personnes vivent avec un trouble dépressif.

Quelles sont les causes de cette maladie ?

Souvent, pour ne pas dire toujours, les patients dépressifs essayent d’expliquer leur dépression par des causes rationnelles. Afin de trouver une explication et de donner un sens à leur situation, ils tentent de comprendre comment ils ont pu arriver là.

Lire aussi : Santé mentale, les causes de la dépression

Les Africains qui ont la chance de consulter et d’être écoutés et compris par leurs proches avancent comme cause le harcèlement moral dans le cadre professionnel, la perte d’un proche, la solitude, une cause personnelle, en pensant être trop faible, en se dévalorisant, et bien d’autres raisons encore.

Cependant, ces explications sont souvent plus un frein dans le processus d’amélioration de l’état de la personne qu’une aide.

Tous ces facteurs peuvent conduire les personnes dépressives à une désinsertion sociale, surtout quand elle n’est pas traitée. Les personnes atteintes de dépression ont souvent une impression de solitude de ne pas être aimé. Des ressentis qui s’ajoutent à d’autres symptômes (fatigue, perte d’intérêt etc.).

En Afrique ce phénomène est réel car les personnes dépressives sont ignorées, négligées, victimes de railleries et font très souvent face aux préjugés sans être écoutées.

La dépression est réelle et peut toucher tout le monde à n’importe quel moment. Raison pour laquelle, en Afrique, on doit accorder une attention particulière aux personnes dépressives, les écouter, les guider pour qu’elles retrouvent leur santé mentale et la joie de vivre.


Tchad-Culture : Gaoui mis en avant par le projet « Au nom de l’art »

Depuis tout petit, on me racontait l’histoire des Saos. Des hommes robustes et grands. Ces peuples habitaient dans les basses vallées du Logone, du Chari et de la yoobé sur un territoire correspondant à une partie du Cameroun, du Tchad et du Nigeria. Gaoui était la capitale de la civilisation Sao.

              Situation géographique du village Gaoui

Gaoui est un village du Tchad, situé à 10 km au nord-est de N’Djamena. Il a été la capitale de la civilisation Sao et maintenant connu pour son architecture traditionnelle et la fabrication de poterie. Il abrite également le musée Sao-kotoko.

Le palais historique du sultan de Gaoui, actuellement transformé en musée, est construit au 19e siècle et rénové dans les années 1990 ne doit sa survie que grâce à des personnes de bonne volonté.

Dans ce village habitent des femmes fortes (les reines de Gaoui) déterminées à gagner leur vie dans la poterie. J’étais sûr et persuadé qu’un jour, une personne de bonne volonté s’intéresserait à leur cause. Cet ange gardien est le célèbre artiste Mawndoé Célestin, ex membre du groupe  yeleen avec son projet « Au nom de l’art ».

C’est quoi le projet « Au nom de l’art » ?

Le projet est dédié aux enfants de 7 à 15 ans et aux femmes potières de Gaoui connues sous le nom de « reines de Gaoui ». Il vise dans un premier temps à aider ces femmes à être plus créatives qualitativement et plus productives afin de créer un marché autour du métier de la poterie made in Gaoui tant sur le plan national qu’international. L’autre volet est de créer un cadre d’épanouissement, de divertissement et d’éducation à travers l’art et la culture, de les aider à travers la création à épanouir leur vie et en faire un endroit de vivre ensemble. Cinquante femmes ont été sélectionnées par un jury composé de professionnels du métier des arts pour bénéficier des formations, des rencontres professionnelles et des expositions puis trente enfants ont été retenus après un casting par des professionnels de l’art à prendre part à ce projet.

Ce projet a permis aux femmes potières de Gaoui à travers l’exposition de leurs œuvres artistiques de croire en leur talent, de se prendre en charge elles-mêmes et participer au développement de leur localité. Il leur a permis également de faire des rencontres avec des professionnels dans le domaine. Aux enfants, ce projet a été un cadre d’épanouissement et d’éducation culturelle.

Vivement plusieurs éditions pour un Tchad culturellement transformé. Nous sommes notre propre rêve.


Tchad : Moto taxis (clando) activité réservée aux diplômés sans emploi dans la ville de N’Djamena

Après 30 ans de règne sans partage, feu président Marshall Idriss Deby Itno a laissé un héritage amer au peuple tchadien. Pillage des ressources de l’Etat, situation socio-économique difficile, taux de chômage élevé, laissant tout tchadien lambda dans un désespoir total.

Les Cladomen en plein travail. Crédit photo: Tchadoscopie – Overblog

Parlons-en du chômage !


Vue les conditions difficiles des études au Tchad, certains parents se battent comme des véritables lions jusqu’à s’endetter pour envoyer leurs enfants étudiés à l’extérieur notamment au Cameroun voisin, au Sénégal, au Benin, au Niger, au Nigeria, au Burkina Faso et j’en passe. Par contre ceux qui se sont accaparés du pouvoir pendant trois décennies, je parle bien sûr de cette minorité très riche au Tchad, elle préfère envoyée ces enfants étudiés en France, en Belgique, au Canada, aux Etats-Unis… Mouf ! La situation de ces plus nanti m’importe guère. Cependant celle des plus démunis c’est-à-dire les parents qui ne cessent de dormir pour voir leurs enfants réussir reste ma première préoccupation.
Ces jeunes une fois finir et rentrer aux bercails, complètent la liste des diplômés sans-emplois sortis des différentes universités publiques et privées du Tchad. Malheureusement, ils seront confrontés à d’énormes difficultés dont la fermeture des portes de la fonction publique, la chute du baril du pétrole, absence d’investisseur etc. . Oui ce pays dont les coupures d’électricité et d’eau sont légion et dont les taxes sont énormes n’attire guère les investisseurs. Dommage !

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Pour subvenir à leurs besoins, ces jeunes sont obligés de se lancer dans les petits boulots car comme le dit un dicton connu de tous, « il n’y a pas de saut métier » et l’âge également n’attend point. L’activité la plus pratiquée reste celle de la « Moto taxis » communément appelé « Clando ». Dans cette activité, vous y trouverez les détenteurs de la licence Bac+3), du master (Bac+4, +5), et même quelques fois des Docteurs OH ! Oui chez moi-même les docteurs chôment. Hélas ! C’est la réalité de mon cher pays le Tchad.
Ce pays a besoin de ces deux jambes pour marcher comme ne cesse de la dire un jeune opposant tchadien. Pour cela elle doit compter sur sa jeunesse en lui proposant des possibilités et des opportunités car notre continent est jeune et cette jeunesse constitue une force redoutable.
Le seul mot qui reste dans la gueule des jeunes tchadiens pour ne pas dire bouche est « ESPOIR » car il fait vivre.
« Un intellectuel qui a faim, est un danger pour la nation » a affirmé SMARTY.
Attention !!!