Le courage des jeunes laveurs de motos : Une leçon de résilience à N’Djamena

Article : Le courage des jeunes laveurs de motos : Une leçon de résilience à N’Djamena
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3 mars 2025

Le courage des jeunes laveurs de motos : Une leçon de résilience à N’Djamena

Le Tchad est confronté à une réalité économique difficile où le chômage des jeunes atteint des niveaux alarmants. Malgré leur diplôme en poche, de nombreux jeunes tchadiens peinent à trouver un emploi formel. Ils se tournent vers des activités informelles pour subvenir à leurs besoins. Parmi ces initiatives, le lavage de motos est un moyen de survie pour beaucoup. Aujourd’hui, nous mettons en lumière ces jeunes courageux qui, armés de détermination, transforment une situation précaire en opportunité.

Des laveurs de motos en pleine activité dans la ville de N’Djamena. Crédit photo : L’Œil du Sahara

L’échec transformé en espoir : Le projet de canal de rétention d’eau

L’idée des grands canaux de rétention d’eau à N’Djamena était ambitieuse et prometteuse. Ce projet visait non seulement à collecter les eaux pluviales de plusieurs quartiers pour réduire les inondations, mais aussi à créer un espace vert et un lieu de détente pour la population. L’objectif était de transformer une infrastructure utilitaire en un symbole de modernité et de mieux-vivre pour les habitants.

Malheureusement, ce projet n’a pas réussi à atteindre ses objectifs. Les canaux, au lieu de devenir un espace propre et fonctionnel, sont aujourd’hui dans un état très sal et laisser pour compte. Cet échec aurait pu représenter une impasse totale, mais les jeunes de N’Djamena ont su en tirer parti.

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Le quotidien des laveurs de motos

Chaque jour, de jeunes laveurs de motos se réunissent le long de ces canaux pour pratiquer leur activité. En utilisant l’eau stagnante, ils nettoient les motos des clients contre une modeste rémunération (300 FCFA par moto). Ce travail, bien que rudimentaire, reflète leur esprit d’initiative et leur capacité à s’adapter face aux difficultés.

Pour ces jeunes, chaque client représente une opportunité de gagner leur vie, de contribuer aux besoins de leur famille, et de se maintenir à flot dans un environnement économique incertain. Leur courage et leur détermination rappellent qu’aucun travail n’est insignifiant lorsqu’il permet de vivre avec dignité.

Un hommage mérité

Dans un contexte où beaucoup choisiraient d’abandonner ou de dépendre des aides extérieures, ces jeunes laveurs de motos incarnent une éthique de travail admirable. Ils démontrent que même dans l’adversité, il est possible de trouver des moyens créatifs de subvenir à ses besoins. Leur exemple est une source d’inspiration pour toute une génération.

Des leçons à tirer des laveurs de moto

Bien que le projet de canal de rétention ait échoué dans sa mise en œuvre initiale, il montre l’importance de l’innovation et de la responsabilité dans la planification urbaine. Avec un meilleur suivi et une gestion appropriée, ce canal aurait pu devenir un modèle d’aménagement pour N’Djamena. Cependant, son utilisation actuelle par les jeunes laveurs de motos nous enseigne une leçon essentielle : même un projet inachevé peut avoir une utilité lorsqu’il rencontre la résilience de la population.

Rendre hommage à ces jeunes, c’est reconnaître leur lutte quotidienne et saluer leur contribution à la société. Il est impératif que les décideurs prennent en compte leur ingéniosité et travaillent à améliorer les conditions pour que de telles initiatives puissent être soutenues et valorisées. Ce sont ces gestes du quotidien, ces efforts modestes mais réguliers, qui bâtissent le socle d’une résilience collective.

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